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Savoir une chose comme l'ayant vue
Exposition
Association Calidées
Du 08 au 21 novembre 2013, Pernes-les-Fontaines

Exposition du 8 au 21 novembre 2013
La chapelle des pénitents blancs
Rue Emile-Zola
84210 - Pernes-les-Fontaines 
 
J’ai consacré plusieurs années de travail au Camp de Rivesaltes, à la mémoire de ce lieu. Tout a commencé en 2005, lors de ma première visite. Je ne connaissais rien de l’histoire des camps en général et de celle du camp de Rivesaltes moins encore. Ce fut un choc, avec l’envie immédiate de tout savoir, de tenter de comprendre ce qui avait eu lieu là. De façon obsessionnelle, personnelle, je me suis alors mise à chercher des traces, des éléments pour orienter ma quête. La photographie, premier moyen trouvé pour capter mes émotions, me permit de réaliser ma première exposition sur les baraques, les ruines, les vestiges… Loin du bel ocre et du bleu qui sont la signature de cette région, j’ai guetté le gris et l’absence de ciel, privant ainsi de liberté ces photographies qui devaient témoigner pour ceux qui étaient passés là. Mon approche diffère de ce qu’on a l’habitude de voir en ce qu’elle passe par des « faits réels », collecte photographique, vues aériennes, relevés d’ inscriptions sur les murs, collecte d’ objets. Les traces relevées au cours de mes visites sur le terrain me guidant et décidant de la suite de mes « interventions ». Ma curiosité s’est élargie à l’histoire des principaux camps du sud de la France, permettant un autre travail, d’autres réalisations. D’autres découvertes m’ont également permis d’approfondir cette connaissance empirique embryonnaire : la rencontre et le témoignage d’une infirmière qui, en 1945, travaillant avec l’OSE, organisation d’aide aux enfants internés dans les camps, avait sauvé nombre d’entre eux , un reportage sur tous les camps du sud de la France, Gurs, Bram, Le Vernet d’Ariège, Septfonds, Les Miles … où s’est déroulée la même histoire, la visite du CAFI, camp de Sainte Livrade où depuis 1956 vivent des indochinois oubliés là…. En 2006, lors de la collecte photographique faite pour le futur musée mémorial, j’ai parcouru le camp de Rivesaltes pendant des mois, récoltant des objets, charnières de porte, flacons, débris de vaisselle, ustensiles, déchets abandonnés, que j’ai regroupés de manière d’abord intuitive sous mon objectif, suivant leur forme, leur utilité, leur couleur. Ce glanage aléatoire d’objets tordus, cassés, rouillés, solitaires, a fini par composer des ensembles significatifs de traces, comme autant de témoins concrets, intacts et vivants d’une histoire faite de douleur et de mort, celle de tous les exclus qui se succédèrent dans ce Camp de tragique mémoire. Aujourd’hui la mise en scène de ces objets donne lieu à cette nouvelle proposition plastique déclinée sous forme d’échafaudages, de séries, de suspensions, de dialogues entre objets et images. Hors du tirage plat et du cadre imposé par la photographie, j’ai posé, accroché dans l’espace, sur les murs, au sol, ces objets, révélant ainsi leur dimension purement physique, leur volume, leur mouvement, leur poids. On découvre ces installations comme on découvre des sculptures, il faut s’en approcher, les contourner, les toucher, pour saisir au plus près ce qui subsiste de ceux qui furent enfermés là : identité, quotidien, déplacement, accumulation, solitude isolement, et qui occupe tout l’espace vacant, nous permettant ainsi de faire nôtre ce passé qui n’est plus. Proposer cette installation c’est lutter contre l’oubli. Lien vers catalogue électronique de l'exposition: http://fr.calameo.com/books/0008972116cd813593807

http://www.nicoleberge.com/NicoleBe...







 

 

 


Mise à jour : mardi 14 novembre 2017
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